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Posted by on Jan 22, 2020 in Information Management, Mobile Technologies, What's new | 0 comments

Bonnes pratiques pour tester un formulaire d’enquête

Bonnes pratiques pour tester un formulaire d’enquête

La préparation d’une collecte de données passe inévitablement par la conception d’un formulaire. La conception de celui-ci appelle plusieurs bonnes pratiques !

Voir plusieurs de nos publications sur le sujet :

Construire un formulaire demande également de bien le tester. Même si on a rarement le temps sur le terrain de le tester comme on le souhaiterait, voici une liste d’aspects que vous pouvez prendre en compte pour vous assurer de la pertinence de votre formulaire et afin d’éviter les coquilles dans les textes, les incompréhensions ou encore les erreurs de constructions.

Tester son formulaire permettra un gain de temps dans la suite du travail en évitant par exemple de devoir retravailler celui-ci alors que la collecte de données est déjà lancée ou encore lors de l’analyse – quand cela est possible à postériori- par le recodage (voir : http://blog.cartong.org/2018/11/15/mobile-data-collection-more-quality-less-cleaning/).

Bien entendu, le temps que vous passez dans une conception “parfaite” de votre formulaire va dépendre de son utilisation : vous ne passerez pas le même temps sur un formulaire qui aura vocation à être utilisé une seule fois par une quinzaine de personne qu’un formulaire qui a vocation à être réutilisable et dont la collecte va concerner 15,000 personnes. Ci-dessous, voici quelques bonnes pratiques à garder en tête.

I – Des tests ça se répète tout au long de la construction d’un formulaire

A chaque étape du processus de construction du formulaire, il est nécessaire de le tester. Cela peut éviter de concevoir la suite sur une erreur mais aussi d’avoir moins d’aspects à prendre en compte lors de la finalisation du questionnaire (par exemple quand vous passer le formulaire dans un outil de vérification technique), en particulier :

  • quand vous rajoutez une question : vérifiez que celle-ci fait sens, que vous avez intégré les sauts de questions, les contraintes en fonction des valeurs maximales/minimales
  • lorsque vous regroupez les questions dans un groupe
  • quand vous intégrez un calcul (vérifiez qu’il fonctionne)
  • lors de la traduction 

II – Quand y’en n’a plus, y’en a encore : le travail continu une fois la conception terminée

Une fois la conception terminée, le travail ne fait que commencer ! En effet, il est indispensable de tester le formulaire avant de le déployer sur le terrain car, malgré une relecture efficace, les erreurs (oublie de garde-fou dans une liste d’option, oubli de contraintes, oubli d’une indication explicative) sont vites arrivées. L’objectif ici est de chercher par tous les moyens à “casser” votre enquête et à en trouver les failles en amont de la collecte (vous pouvez être sûr qu’à défaut vos enquêteurs les trouveront sur le terrain au moment le moins opportun !).

A – Utiliser les outils à votre disposition

Comme l’humain n’est pas infaillible, il est important de mentionner l’existence d’outils permettant de tester vos questionnaires d’enquête. Bien sûr, dans le cas où il est possible d’avoir recours à d’autres personnes, il ne faut pas que ces outils remplacent les tests humains mais qu’ils adviennent en complément. Ces outils effectuent des tests techniques sur votre formulaire et non des tests méthodologiques, cela permet de passer à l’étape deux (détaillée ci-dessous dans le post de blog), en demandant simplement à une personne tierce d’analyser les aspects méthodologiques. Il n’est pour cela pas possible de se contenter de cette étape.

1 – Testeur de formulaire de ODK

ODK a développé un outil disponible en ligne mais également hors ligne permettant de tester la cohérence technique de votre formulaire d’enquête (avec le format xls, xlsx ou csv). Il vous suffira d’importer votre questionnaire et l’outil indiquera si des problèmes techniques existent comme l’oubli d’un label, un calcul mal codé, la référence à une variable n’existant pas, etc. Certains points ne sont pas essentiels mais de simples recommandations. Cet outil va par exemple indiquer l’oubli d’un libellé à des groupes de question ce qui n’empêchera pas votre questionnaire d’enquête d’être valide (vu que cela n’a pas toujours un sens d’avoir un libellé) mais qui permet de faire un rappel sur les bonnes pratiques de gestion des données.

Version en ligne : https://opendatakit.org/xlsform/

Version hors ligne : https://forum.opendatakit.org/t/odk-xlsform-offline-v1-9/17988

2 – Utiliser l’ODK checker dashboard

Qlik est à la base un outil de visualisation de données, mais que MEDAIR a adapté pour permettre de vérifier rapidement une conception de formulaire ODK (format xls ou xlsx) par rapport à une liste de normes de qualité et d’erreurs manuelles courantes (voir : http://blog.cartong.org/2018/11/16/the-odk-checker-dashboard-how-to-quickly-check-your-form-design/). LODK checker dashboard, développé sur la base de Qlik Sense (version gratuite de QLIK), indiquera par exemple l’oubli d’un libellé, d’une contrainte ou d’une traduction.

B – Faire revoir votre questionnaire par un tiers

Un regard extérieur permet d’avoir l’avis d’une personne en dehors du projet. Ce recul évident permettra sans aucun doute une prise de distance parfois nécessaire pour vérifier la clarté des termes utilisés et identifier des manquements du formulaire d’enquête. Il y a différentes options, en fonction de ce qui vous semble nécessaire :

1 – Par une personne extérieure au projet

Demander à une personne extérieure à l’élaboration du projet auquel est rattaché le questionnaire donnera principalement la possibilité de tester la clarté du formulaire en vérifiant sa compréhension et de corriger les possibles maladresses qui ont pu y être faites. La personne tierce pourra également donner son avis sur l’aspect fonctionnel, ergonomique et intuitif du questionnaire d’un point de vue utilisateur. Mais également, il est possible que la saisie de certaines valeurs aberrantes n’aient pas été envisagées (maximum, minimum, mauvais format cf email/téléphone) et qu’il apparaisse nécessaire de modifier le questionnaire afin de les éviter. Cette première étape mènera éventuellement à des étapes de reformulation, d’ajout d’indications (hint), de contraintes et/ou de sauts de question.

2 – Par une personne habituée à la conception de formulaire

Plus votre formulaire est complexe et plus son utilisation va être conséquente (que ce soit à un moment T, ou pour une réutilisation du questionnaire sur le long-terme), plus vous aurez besoin d’étudier la manière dont il a été conçu en vérifiant les aspects techniques et méthodologiques, pour lesquels vous pourriez bénéficier de l’expérience et des éclairages d’une personne habituée à la conception d’enquête, qui vous permettrait de voir des choses que vous ne voyez pas ou plus vous-mêmes.

3 – Par ceux qui vont utiliser le formulaire

N’hésitez pas à demander à vos enquêteurs également de faire des retours- c’est les personnes après tout qui auront véritablement à l’utiliser, et ils connaîtront souvent mieux que vous les contextes dans lesquels l’enquête sera utilisée. Cela peut aussi être un atelier de travail pendant la formation des enquêteurs.

C – Tester votre formulaire en conditions réelles

Il existe deux grandes manières de tester un formulaire en conditions réelles.

1 – Mise en situation par un jeu de rôle en situation réelle

Une bonne manière de tester votre formulaire est de faire une mise en situation avec un jeu de rôles pendant la formation des enquêteurs. Cela permet non seulement de s’imprégner du contenu du formulaire en situation quasi-réelle, mais aussi d’identifier des aspects du questionnaire qui pourraient être mal compris.

Une bonne manière de procéder est d’avoir une personne répondant aux questions en s’écartant un peu délibérément des réponses attendues et voir la réaction des “enquêteurs”, comment ils rattrapent le coup, en identifiant les éléments de guidance potentiellement manquants du formulaire ainsi que les formulations à revoir. Un mode de fonctionnement est d’avoir chaque enquêteur passant tour à tour pour une question, pendant que tous les enquêteurs renseignent les réponses en fonction. Il est généralement extrêmement riche pour le formateur (en termes d’amélioration du questionnaire mais aussi pour s’assurer de la bonne appropriation du questionnaire) de prévoir une session de débriefing, à la fois pour que chacun indique les aspects mécompris qu’ils ont identifié lors de l’exercice, mais également que le formateur ait analysé les résultats de la collecte pour voir les décalages qu’il peut y avoir entre ce que les enquêteurs ont effectivement renseigné par rapport à ce qu’ils auraient dû renseigner.

2 – Pilote terrain

Pour les enquêtes qui auront lieu à grande échelle, en particulier lorsqu’elles seront menées sur plusieurs sites et organisations, il est nécessaire comme dernière étape de test de formulaire de mener une collecte de données pilote avec un groupe d’enquêteurs. Cela permettra de tester non seulement la forme du questionnaire, mais également la qualité et la pertinence contextuelle de toute donnée ou indicateur calculé à l’aide des données qui en découlent.

Pour résumer, la conception d’un formulaire est un processus dynamique : bien tester celui-ci permet généralement un gain de temps indéniable au cours de la collecte et l’analyse des données. Néanmoins, il n’existe pas de recette magique assurant la pleine adéquation du questionnaire avec son objectif, ni sa concordance avec le contexte où il sera utilisé. C’est donc à vous de trouver la recette qui marchera pour vous !

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